Les PREMIERES OPÉRATIONS DU COMMANDANT COLARDELLE EN ALSACE.

 

Charles COLARDELLE "est promu à la tête  de 5° B.C.P au moment où la guerre de mouvement se transforme en guerre de position. Le capitaine LALLEMAND prend le commandement de l'unité souvent associée, le 46° Chasseurs. Le bataillon conserve ses positions pendant plus de deux mois dans un secteur apaisé mais aux lignes très rapprochées. Les patrouilles de reconnaissance se heurtent fréquemment aux sentinelles ennemies entre La Halte et Allamont.. Ces escarmouches coûtèrent la vie au lieutenant FAIVRE D'ARLIER et à 25 chasseurs. Grâce à l'apport de nouveaux renforts, le 5° B.C.P se recompose dans sa formation règlementaire avec six compagnies soutenues par une section de mitrailleuses.
A l'Etat Major, le Commandant COLARDELLE est secondé par les lieutenants BEUCLERT, DELAHAYE et COPPENS ainsi que par le médecin-major LAMBERT. Les compagnies sont aux ordres des capitaines DE LA BAUME
( 1°), CHENOT (2°), VILLIGENS (3°),MERKLEN (4°), DELIVRE ( 5°), et du lieutenant MULLERT (6°). Relevé le 10 décembre par le 70° Bataillon de Chasseurs Alpins, le bataillon s'embarque pour Bussang. Le 12, il est intégré à la 66° Division dans le cadre de la défense de la vallée de la Thur. Dès le lendemain, le commandant Colardelle se voit confié la mission de la prise du village de Steinbach. Ses 3 premières compagnies, soutenues par un bataillon du 213° R.I et par une compagnie du 68° B.C.A se portent à l'attaque en ce dimanche 13 décembre. Dès le début de l'opération, vers 13 h 30, le capitaine CHENOT tombe sous les balles en dévalant à la tête de sa 2° compagnie le vignoble vers la chapelle Saint Antoine. Le poste de garde de la 5° compagnie du L.I.R 119 wurtembergeois, aux ordres du sous-lieutenant FACH, cède cependant face à l'assaut des 2° et 3° compagnies qui se rendent maîtres du village à 15 h 30. La première compagnie, la section de mitrailleuses et trois sections de 213° R.I conduites par le commandant Colardelle en personne enlèvent le cote 425 à la section du sous-lieutenant SCHNEIDER de la 5° compagnie du L.I.R 119, après une lutte acharnée à laquelle s'était joint le bataillon de réserve du même régiment d'infanterie du Wurtemberg.
Le lendemain, à 4 heures du matin, les Prussiens de l'I.R 161 débarquent à Cernay en provenance de Mulhouse. Ses 2° et 3° bataillons épaulés par un bataillon de L.I.R 119 reprennent Steinbach. Les trois compagnies du 5° B.C.P. laissées en réserve à Willer rejoignent d'urgence les chasseurs qui battent en retraite vers le Schletzenbourg. La cote 425 est perdue le lendemain, après une résistance héroïque opposée à un ennemi renforcé par le 2° bataillon de l'I.R. 25. Au soir du 16, le bataillon, durement éprouvé, est relevé et se replie en cantonnement à Bitschwiller. Il aura perdu environ 400 hommes: tués, blessés ou prisonniers comme le capitaine VILLIGENS conduisant la 3° compagnie.
 La bataille de Steinbach se poursuivra jusqu'au 3 janvier. Après une vaste offensive française infructueuse menée le jour de Noël, les hommes du 152° R.I. parviendront à  progresser maison après maison à partir du 30 décembre jusqu'à la reconquête définitive au prix de 700 pertes. Cette sanglante confrontation constituera pour le commandant Colardelle une épreuve déterminante. Ses qualités de meneur d'hommes, de courage et de clairvoyance lui vaudront l'admiration de ses chasseurs et la reconnaissance de ses supérieurs. A Steinbach, il entre définitivement dans l'Histoire.
Dès le 18 décembre, le 5° Bataillon est affecté à un large secteur s'étendant entre la vallée de la Lauch et le Molkenrain. Le sous-secteur de la Lauch est attribué aux 4° et 6° compagnies aux ordres de capitaine Merklen tandis que le secteur de Goldbach demeure sous la tutelle directe du Commandant Colardelle. La première compagnie est basée au Molkenrain, la seconde au col du Sudel et la 5° au Freundstein.
                                                                 Sources inconnues.

 
                                                     Ordre  d'opération pour la journée du 13 Décembre 1914.

 

I. L'ennemi occupe Cernay, les tranchées de Sandozweiler et au Sur- la croupe 425 - Steinbach, Uffholtz,Wattweiler

II. Conformément à l'ordre du Colonel commandant prov. le 115° Brigade nous attaquerons dans la journée du 13 Décembre la croupe 425,(carte du Club Vosgien)375,(carte d'Etat Major) à l'ouest de la route de Cernay-Steinbach et le village de Steinbach de façon à occuper ces 2 postes et à nous y installer d'une façon définitive.
 Ces 2 attaques commenceront à midi et seront exécutées avec l'appui de toute l'artillerie du groupement, placée sous le commandement du Capitaine Verguin. Cette artillerie sera sur ses emplacements de batterie au point du jour et ouvrira le feu à midi précis.

A 11 heures 30', toutes les unités d'infanterie aux avant-postes aux abords de Thann et au Sud seront à leurs postes de combat approvisionnés à 150 cartouches. Toutes les unités que se porteront à l'attaque devront avoir le fil de fer et les piquets réglementaires.

   III. Attaque sur la croupe 425.
Cette attaque sera placée sous les ordres de Commandant Debain du 213° et comprendra:
1 Cie du 6° Bon du 213° en réserve à Thann
2 Cies du 5° Bon du 213 en réserve à Bischwiller
1 Cie de 334° en réserve à Moosch.
L'attaque partira du poste à l'embranchement des chemins Vieux - Thann - Steinbach - 425 -Cernay et sera conduite exclusivement sur le versant Nord de la crête chemin 425-Cernay à l'exclusion du versant Sud, de façon à permettre à l'artillerie de balayer ce dernier versant et d'empêcher les renforts de Cernay de se porter au secours de poste 425.
L'artillerie chargée d'appuyer directement cette attaque ouvrira le feu à midi sur les défenseurs de la crête 425 de façon à faire évacuer les tranchées. Dès que le tir sera jugé efficace, le commandant Debain préviendra l'artillerie qui allongera le tir pour balayer les pentes entre 425 et Cernay ainsi que..