CENTENAIRE 

 

                                           

Maria Gribling a fêté son centième anniversaire entourée de sa famille
     et de nombreux proches, vendredi dernier, le 11/11/11. Fait rarissime,
     Maria a vécu deux fois cette date particulière : en 1911, et en 2011 !

Ils étaient pratiquement tous là, à Steinbach, pour la centenaire Maria Gribling.

Vendredi passé, la salle des sapeurs-pompiers étaient parée de fleurs pour fêter cette exceptionnelle centenaire qui a donc pu vivre deux fois dans sa vie la date du 11/11/11 !

Elle est effectivement née à Steinbach le 11 novembre 1911, au centre du village, dans l’ancienne ferme familiale de Bernard Stutz et Joséphine Beck.

Tout sourire et heureux, Claude Gribling, le fils unique de la jubilaire, a accueilli sa mère dans la salle, entouré des petits-enfants et des arrières petits-enfants.

Beaucoup de monde s’y pressait : la chorale Sainte-Cécile, la musique municipale, le maire, ses adjoints, les amis, les voisins, des villageois venus saluer la centenaire, souriante, assise dans un fauteuil roulant.

Le maire Marc Roger a raconté la vie mouvementée de Maria Gribling « La seule et dernière personne du village qui a connu la guerre dont nous avons fêté l’Armistice ».

Sa maison natale, près de l’actuel presbytère, comme les autres maisons du village, a été détruite dès décembre 1914. Son grand-père et ses six frères et sœurs ont alors dû s’exiler de la commune « dans le froid de l’hiver et sous le feu des adversaires, avec une charrette tirée par une vache. Mais un obus a éclaté et brisé une roue, il a fallu rebrousser chemin ».

La famille trouve refuge à Ensisheim, dans une remise où elle vivra jusqu’à la fin de la guerre. Sa sœur, puis sa mère meurent de la grippe espagnole en 1918. Puis sa famille revient à Steinbach.

Maria Gribling a alors 7 ans. Scolarité jusqu’à 13 ans, ouvrière à la fabrique de soierie à Cernay puis employée de maison à Nancy et enfin retour au bercail pour se marier avec Léon Gribling. Nouveau drame. Son mari est tué le 3 mars 1940 dans la rade de Mers-el-Kébir par le bombardement des alliés Anglais ! Elle est veuve à 29 ans. Dès lors elle vivra de son train de culture.

Elle n’a quasiment jamais été malade si ce n’est un accident de la hanche en nettoyant la remorque du motoculteur voila dix ans.

Et à partir de 96 ans, elle ne pouvait plus éplucher les pommes de terre à cause de l’arthrose. « C’est aussi vers cet âge-là que vous cessez de regarder la télé et d’écouter la radio car ça allait trop vite pour vous ».

Le curé Jean-Paul Freudenreich a rappelé, en alsacien, la vie de la jubilaire constamment animée par sa foi. « Merci pour ce témoignage », a-t-il dit en la bénissant.

La jubilaire a été gratifiée de fleurs, de cadeaux, de chants et de musique et la nombreuse assistance leva le verre en son honneur.

L'Alsace le 15.11.2011                                                                                                    I.A