TOUS CEUX QUI VIENNENT  NE SONT- ILS PAS INVITES AU REPAS ?

Il n’est jamais agréable de faire une remarque qui peut être mal prise et c’est le cas de ce petit texte. Je ne vous apprendrai rien en vous disant que notre société se déchristianise, que la pratique et encore plus la connaissance de notre foi et de ses traditions se perdent. Cela entraîne quelques situations où les personnes n’agissent plus selon les usages en cours dans l’Église. Il arrive que des gens qui ne sont pas du tout pratiquants, voire incroyants ou d’autres religions participent à une messe lors d’une communion solennelle, d’une confirmation, d’un mariage ou plus souvent lors d’un enterrement. En général ils essayent de suivre le mouvement : assis, debout, à genoux éventuellement, et quand arrive le moment de communier, ils suivent, en croyant bien faire. Communier c’est se déplacer jusqu’à l’autel pour recevoir un morceau de pain qui, pour les catholiques est le Corps du Christ. C’est là qu’il y a un problème : on peut assister à une messe par simple politesse, ou pour faire plaisir, ou par devoir mais, communier, est une démarche différente, c’est une démarche de Foi qui suppose adhésion à la doctrine chrétienne et une certaine disposition du cœur. Il ne faut donc pas se sentir obligé de participer: vous ne serez pas jugés et même votre attitude sera appréciée..

Si vous êtes concernés et que ce mot tombe entre vos mains ne vous fâchez pas, essayez de comprendre : il ne s’agit pas d’une exclusion mais d’une démarche de vérité. Si malgré tout vous voulez participer, je vous livre au moins le mode d’emploi. Quand le prêtre, ou une autre personne vous présente l’hostie (morceau de pain) il dit : " le Corps du Christ " et vous répondez " Amen " (J’ y crois) en présentant les deux mains l’une sur l’autre. L’hostie est déposée dans la main supérieure et vous la portez à la bouche immédiatement avec la main restée libre. Merci d’avance pour votre compréhension.
                                                                                                      Christian Chaumont

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Ma Mère.

Par toi je suis venu au monde:
tu m'as ouvert les yeux
sur les boutons d'or des étoiles
et sur les feuilles de arbres
tremblant comme des papillons
sous la musique du vent.
Tu m'as appris la beauté, ma mère!

Par toi, je suis venu aux autres.
Tu as éduqué mon cœur
à toujours traverser les apparences
et à regarder avant tout
ce qui est lumineux
dans la vie de mon voisin,
mon frère.
Tu m'as enseigné le pain
qu'on ne jette jamais
parce qu'il porte l'odeur de la terre
et du travail des hommes
et aussi parce qu'il crie
le désir des hommes
qui n'ont aucune miette
sur leur table quotidienne.
Tu m'as appris le partage, ma mère
et la lutte contre la misère!

Par toi, je suis venu au don.
Tu n'as utilisé aucun livre,
je l'ai appris en te voyant
les mains tendues et le sourire offert
chaque jour jusqu'au dernier.

Tu m'as appris à aimer, ma mère,
et c'est alors seulement
que je suis né en vérité.

Tu m'as appris Dieu qui est amour
et la première église,
le premier tabernacle
où j'ai contemplé la tendresse de Dieu
était ton visage, ma mère!

                                             

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                       Dieu face à la science.

Science et foi ont connu une longue histoire de relations tumultueuses. Mais
pour la première fois, notre fin de siècle paraît offrir une possibilité au dialogue de s'ouvrir.

Le moment semble enfin venu d'enterrer les haches de guerre. Scientifiques et croyants sortent peu à peu des oppositions irréductibles. Les temps sont révolus où chacun voulait détenir le monopole d'un savoir unique, global et définitif sur le monde. De part et d'autre, plus de modestie s'impose. La science, ainsi, progressant en ce siècle comme jamais, fait reculer toujours plus loin l'horizon des connaissances et par la même les frontières de l'inconnu. Plus la recherche avance, plus la réalité se révèle complexe et insaisissable. Les mystères de la vie et de la mort restent largement inconnus aux biologistes et ceux de la conscience sont loin d'être épuisés. Des pans entiers de l'histoire de l'univers échappent toujours aux télescopes et aux satellites des astrophysiciens. Il y a, pour ainsi dire, encore tout à découvrir sur l'infiniment grand, l'infiniment petit et l'infiniment lointain, sur les débuts du monde et sur sa fin.
A la différence de leurs prédécesseurs du XIX° siècle, les scientifiques ont cessé de prétendre qu'ils pourraient tout expliquer de l'univers et du monde. Et leurs connaissances expérimentales ont progressivement poussé les croyants à lire autrement la Bible : celle-ci n'explique pas définitivement tout. Les religions, du coup, admettent la légitime autonomie de la science.
   Cela ne va pourtant pas de soi pour tout le monde. Les courants fondamentalistes séduisent de nouveaux et nombreux adeptes. Aux États-Unis, par exemple, les créationnistes soutiennent contre vents et marées que le monde fut véritablement créé en sept jours et qu'Adam fut réellement le premier homme. D'autres, encore, prétendent que la théorie du big-bang, prouverait la véracité du récit de la création du monde. Ce genre d'exercice  s'est pourtant déjà révélé périlleux dans l'histoire. L'expérience devrait appeler à plis de réserve sur de tels rapprochements hâtifs. La théorie du big-bang n'est qu'un hypothèse du moment, déjà très controversée dans la communauté scientifique elle-même.
  Deux approches différents de la réalité.
  Dont acte, donc: science et foi constituent désormais deux approches différentes de la réalité, des domaines qui n'ont pas les mêmes méthodes de connaissance. Les deux démarches ne sont pas condamnées pour autant à rester parallèles et à s'ignorer. De fait, théologiens et scientifiques débattent, même si c'est de moins en moins sur le contenu des découvertes et de plus en plus sur leurs applications pratiques.
  Car jamais la science n'a posé autant de questions éthiques, et d'abord aux scientifiques eux-mêmes. Nul ne peut sérieusement imaginer que chercher les empêche ou les dispense de réfléchir sur ce qu'ils mettent en œuvre: sur la transformation de l'humain et du monde par l'homme,- avec, par exemple, les manipulations génétiques-,sur l'assistance médicale à la procréation, la biologie ou l'écologie... Scientifiques et gens d'Église s'interrogent souvent pareillement: ce qui est possible techniquement est-il justifiable moralement? Les comités d'éthique symbolisent ce nouveau dialogue: théologiens et chercheurs s'y côtoient. A l'avenir, le débat est possible à condition que chacun se positionne clairement: si le scientifiques ont l'honnêteté de reconnaître qu'ils ne peuvent résoudre seuls les questions éthiques suscitées par leurs découvertes, et si les chrétiens renoncent à attendre des scientifiques des réponses toutes faites.

  Cette attitude ne devrait pas dérouter ceux qui pressentent que la question de Dieu n'est pas du seul domaine du savoir. Reconnaître cela ne revient pas à dire que la foi serait irrationnelle ou naïve, mais qu'aucune connaissance scientifique ne saurait fonder la conviction du croyant. La preuve en est qu'à compétence égale, deux astrophysiciens, à partir de la même observation minutieuse du ciel, concluront l'un à l'existence de Dieu et l'autre à son improbabilité. Car Dieu ne se constate, ni ne s'analyse ou se déduit. On lui fait foi... Tout authentique croyant le confessera bien volontiers: que serait donc une foi qui n'engagerait pas le risque de sa liberté.
   
         ( Extrait de la Croix du 11 mai 1999)                                                               Claude PLETTNER
                                                                                                 


                                                           
 Dossiers 

     Les droits de l'homme face au droit de Dieu.

Au nom des droits de l'homme, il y a de justes combats. Mais aussi des revendications ambiguës, quand chacun n'accepte plus d'avoir des comptes à rendre autrement qu'à soi-même.


La Déclaration universelle des droits de l'homme, promulguée en 1948, affirme " la foi en la dignité et 1a valeur de la personne humaine ". Cela n'a pas empêché leurs multiples violations : du goulag soviétique aux camps chinois, en passant par les
"disparus" des dictatures d'Amérique latine, les génocides du Cambodge ou du Rwanda, les épurations ethniques de l'ex-Yougoslavie et les millions de réfugiés à travers la planète. Sans parler du quart de la population mondiale qui vit au-dessous du seuil de pauvreté...
Un fait suffirait à justifier la nécessité de cette Déclaration : depuis une quinzaine d'années, ses défenseurs sont pris pour cibles privilégiées par les régimes autoritaires. Leur répression s'amplifie sur tous les continents. Ils ont été assassinés par centaines,  exécutés sans jugement, détenus arbitrairement, torturés,  poursuivis pour avoir défendu les droits et les libertés fondamentales.
   Certains États comme Cuba, la Chine ou l'Iran contestent cette Déclaration universelle, au prétexte de leur spécificité culturelle ou religieuse. Ils prétendent justifier ainsi l'injustifiable : les atteintes à la liberté d'expression, les châtiments corporels   ou, comme dans la quasi-totalité des États musulmans, le  refus d'inscrire dans leur législation l'égalité des sexes au motif qu'elle serait contraire à l'islam. Ils jettent le bébé avec l'eau du bain en suspectant, dissimulée dans l'exigence universelle de ces droits, un modèle très occidental. Ils refusent cet individu autonome, qui semble primer sur la société, posséder plus de droits que de devoirs et n'avoir de comptes à rendre qu'à lui même.
  Il est vrai que cet "universel" gagnerait à l'être davantage encore, en s'ouvrant à d'autres cultures. Et il est tout aussi vrai que les droits de l'homme deviennent ambigus quand ils sont utilisés comme une fin en soi. En leur nom, chacun peut   en arriver à légitimer ses prérogatives: un interdit ou une limite sont vite taxés d'atteinte aux libertés personnelles et à la vie privée. C'est même l'argument de certains pour justifier les pratiques pédophiles sur Internet ou la pornographie à la télévision. Et l'on est heureusement surpris quand une Convention européenne sur les droits de l'homme et la biomédecine demande aux États d'interdire les applications des découvertes scientifiques susceptibles de nuite à la personne.
" L'homme n'est pas la mesure de l'homme."
Établir des normes supérieures à l'individu est donc encore possible ! Or, dans le jugement moral, c'est plutôt la conscience individuelle qui prime en général, disqualifiant souvent d'emblée toute autorité ou instance extérieure : la relation homme-femme dans le couple, affaire avant tout privée, n'est qu'accessoirement sociale. La durée dépend des sentiments individuels, et compte peu sur la force des rites ou la médiation des institutions.
   S'il n'est. plus guère douteux que l'homme ait des droits, Dieu, pour ceux qui y croient, paraît surtout avoir des devoirs: qu'il me permette de justifier ma guerre ou mon nationalisme, qu'il ne contrecarre pas mon éthique ou mes modes de vie personnels... L'Église se retrouve au cœur de la tension entre droit de Dieu et droits de l'homme : jamais un Pape ne s'est montré, autant que Jean-Paul II, défenseur de la liberté de conscience et des droits de l'homme à travers le monde, et ce sous tous les régimes. Avec la même vigueur, il le rappelle à temps et à contretemps : l'homme n'est pas la mesure de l'homme, il est. aussi à défendre contre lui-même et contre les excès de ses prétentions, sa liberté ne lui donne pas tous les droits. La première de ces positions vaut à Jean-Paul II de passer pour un progressiste. La deuxième, pour un conservateur, tant elle heurte les mentalités actuelles.
    La seconde moitié de ce siècle aura connu ainsi un retournement complet de perspective. L'Église, qui passait pour défendre d'abord les droits des siens, est maintenant reconnue en première ligne du combat pour les droits de l'homme et la liberté de conscience de tous. Car tout est lé : la liberté de la société et la sienne, celle du chrétien et celle de tout citoyen..
        
(Extrait de la Croix du 18 mai 1999)                                                             
                                                                                                                            Claude PLETTNER

 

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