Sept nouveaux péchés capitaux...

La plupart d'entre nous auraient bien du mal à citer la liste complète que le Pape Grégoire le Grand, à la fin du 6° siècle, avait formulée. Faut-il les rappeler : l'orgueil, l'avarice, la luxure, l'envie,la gourmandise,  la colère et la paresse. Cette liste n'a pas vieilli, mais il faut résolument la compléter.

1. L'égoïsme, péché capital qui n'est pas forcément un péché grave mais qui est tête de liste pour en engendrer d'autres.« Les hommes ne sont pas méchants (ils ne font pas le mal pour le mal), mais ils sont mauvais (ils font du mal aux autres pour leur bien à eux). » On n'est mauvais que par égoïsme. Tête de liste, il l'est. Il prend mille visages. Parfois, il peut se mélanger au bien : je donne pour ma satisfaction, je rends service parce que j'aime cela, je me dévoue pour m'occuper.

2. La cruauté : faire du mal aux autres par plaisir, goût de faire souffrir physiquement ou moralement. C'est un mélange de dureté, de brutalité, de sadisme. Tel ce chef pervers qui prend plaisir à déstabiliser, voire à martyriser sa victime.
Sans aller jusqu'à ces excès, que de petits mots ou gestes inamicaux, simplement pour « blesser » ! Que penser, par exemple, de ces redresseurs de torts qui, au volant, klaxonnent bruyamment un conducteur plus distrait que dangereux ?

3. La lâcheté : face au danger, elle est une forme d'égoïsme. Combien de gardiens à Auschwitz auraient préféré rester tranquillement chez eux plutôt que de faire ce travail atroce, mais ils n'avaient le courage ni de déserter, ni de se révolter. Aussi firent-ils le mal consciencieusement, efficacement. Les vrais salauds sont rares. Mais sont lâches ceux qui hésitent à se situer lorsqu'il le faut, qui n'osent pas se montrer chrétiens dans un milieu où ça risque de faire sourire.

4. La mauvaise foi : il est difficile de se mentir à soi-même. La mauvaise foi rend possible, en les masquant, la plupart des actions mauvaises. Le violeur n'a fait qu'obéir à ses pulsions ! La crapule est victime de son enfance ou de son inconscient ! La mauvaise foi vise à autoriser le mal en le justifiant. Et que ne ferait-on pas pour garder son honorabilité ? Que d'étonnement si on mettait en lumière la vie secrète de tant d'hommes dits de bien, plus médiocres qu'exemplaires.

5.La suffisance : ce n'est pas seulement être orgueilleux, c'est aussi être présomptueux, plein de la haute idée qu'on a de soi-même. Ce péché de l'imbécile prétentieux est aussi à l'origine de l'abus de pouvoir, de l'exploitation d'autrui, de la bonne conscience méprisante, sans parler du racisme ou du sexisme, sentiment absurde d'être supérieur, qui peut même régner au sein du couple où le mépris de l'autre peut s'avérer désastreux !

6.Le fanatisme : trop sûr de sa vérité, il ne peut tolérer celle des autres. Plus redoutable encore que l'intolérance, il lui faut supprimer par la force ce qu'il désapprouve. On en connaît les effets : massacres, guerres de religions, terrorisme. C'est le péché qui remplit les camps de concentration, allume des bûchers ou construit des prisons.
Et que penser de ces affirmations que peut-être je partage ? En politique, tous les maux viennent bien sûr de l'équipe au pouvoir (c'est la mauvaise !) ; en société, rien ne va à cause des autres (ils s'appellent enseignants, juges, policiers, parents...) ; en religion, tout le mal vient des intégristes, des prêtres rouges, du dernier concile...

7. La veulerie : mélange de mollesse, de complaisance, de faiblesse, elle se traduit par une incapacité de s'imposer quoi que ce soit, de faire un effort un peu durable et de se dépasser. Etre veule, c'est manquer de volonté. Du coup, elle provoque : vulgarité dans ses manières, irresponsabilité face à son devoir, négligence dans son métier, servilité face aux puissants et démagogie face à la foule.
Le goût du confort, la facilité, habitudes souvent contractées dès l'enfance, se répercutent sur toute la vie et la font basculer. La vie est un combat à mener avec énergie. Le temps des héros et des saints attend des candidats.

                                                            « Moi, je ne sais pas quoi dire en confession »
                                                                  Alors relisez attentivement ces pages!
 
                         

 

 Employez les biens matériels avec sobriété.

Clément d'Alexandrie met l'accent non pas sur l'abandon radical des biens mais sur l'usage que l'on en fait. A son époque, Alexandrie était la ville d'Orient la plus grande et la plus riche. Les chrétiens aisés y étaient nombreux. D'où son insistance pour rappeler les exigences de l'annonce chrétienne par rapport à la mise en commun des biens.

Il ne faut donc pas rejeter les biens susceptibles d'aider le prochain. La nature des possessions est d'être possédée. Celle des biens est de répandre le bien et Dieu a destiné ces derniers au bien-être des hommes. Il en est de même avec cet outil qu'est la richesse : sais-tu en user justement?
La nature en a fait une servante, non une maîtresse. De nous seuls dépend l'usage, bon ou mauvais, que nous en ferons; notre esprit, notre conscience ont entière liberté de disposer à leur guise des biens qui leur ont été confiés.
       Détruisons, non pas nos biens, mais les passions qui en pervertissent l'usage. Débarrassons-nous donc des possessions nuisibles, non de celles qui, bien utilisées, peuvent obliger les autres.
      Voilà comment le Seigneur conçoit l'usage des biens extérieurs: nous devons nous défaire non pas d'un argent qui nous fait vivre, mais des forces qui nous en font mal user, c'est-à-dire les maladies de l'âme, les passions...
      Celui-là blottit la richesse en son cœur et au lieu du Dieu Esprit, garde en lui son or ou son champ, arrondit sans fin sa fortune, ne s'inquiète que d'amasser davantage. Peut-il éprouver le désir du Royaume, cet homme qui au lieu du cœur porte un champ ou une mine et que la mort surprendra fatalement au milieu de ses passions? 
                                                " Où est ton trésor, là aussi sera ton cœur ".