La confirmation, pilier de l’initiation chrétienne.

Qu’est-ce que la confirmation ?
C’est un don de l’Esprit en vue du témoignage de la foi, à l’image de ce qu’ont vécu les Apôtres le jour de la Pentecôte (Actes 2, 1-11). La confirmation est l’un des trois sacrements de l’initiation chrétienne qui « confirme » (d’où son nom) et amène à leur plénitude la grâce reçue au baptême et la vie eucharistique. À la confirmation, qui est, comme l’enseigne Thomas d’Aquin, le sacrement de la croissance et de la maturité spirituelle, l’Esprit Saint confère une mission. Ainsi, la confirmation est l’achèvement du baptême. « Dans le baptême, Dieu dit “Viens” ; dans la confirmation, il dit “Va” », résume Mgr Hubert Herbreteau, évêque d’Agen (1).

En quoi diffère-t-elle de la profession de foi ?

La profession de foi (appelée jadis «communion solennelle») est un renouvellement personnel des promesses du baptême (lorsqu’elles avaient été faites par les parents pour leur bébé) ; c’est un engagement humain. La confirmation, elle, est un sacrement: Dieu, par l’évêque, confirme la grâce du baptême. «Ce serait une erreur de voir seulement dans la confirmation un engagement qui confirmerait personnellement la foi professée par les parents lors du baptême », souligne Mgr Herbreteau, qui fut responsable du service Adolescence au Centre national de l’enseignement religieux (Cner). Par la confirmation, le baptisé est affermi dans l’Esprit Saint et fortifié dans la foi, comme membre vivant de l’Église.
Selon la Tradition, la confirmation confère les sept dons de l’Esprit Saint : sagesse, intelligence (des choses de Dieu), connaissance (des vérités religieuses), conseil, force (d’âme), affection filiale et esprit d’adoration. Cette liste vient d’un texte d’Isaïe (11, 2-3) qui décrit les dons que le Messie recevra de Dieu. On ne reçoit ce sacrement qu’une seule fois.

À quel âge ce sacrement est-il reçu ?

Recevoir le sacrement de confirmation est un choix personnel, ce qui suppose d’être en âge de décider. Le code de droit canonique préconise de le conférer juste après l’âge de raison (l’âge du catéchisme), tout en laissant chaque conférence épiscopale statuer sur l’âge le plus opportun : les évêques de France ont ainsi préféré garder l’usage qui s’était mis en place depuis 1910
(lire ci-contre)
de donner la confirmation à l’adolescence, entre 12 et 18 ans (2). Cependant, une grande diversité s’observe entre diocèses – voire entre doyennés – quant à l’âge et à l’organisation de ce sacrement. Dans le diocèse de Versailles (Yvelines), la confirmation est donnée en collège à Versailles et en lycée à Saint-Germain-en-Laye ; dans le diocèse du Puy (Haute-Loire), elle est proposée dès la fin du CM2. Dans le cas de catéchumènes adultes, ceux-ci reçoivent généralement en même temps les trois sacrements de l’initiation chrétienne : baptême, confirmation et Eucharistie.


Comment s’y prépare-t-on ?

Pour les collégiens et lycéens, la préparation à la confirmation se vit en aumônerie ou en équipe de jeunes, pendant une période d’un à deux ans. Mais tout baptisé qui n’a pas été confirmé peut, à tout âge, demander à recevoir ce sacrement dans sa paroisse. Evidemment, « la préparation ne sera pas de même nature selon que l’on s’adresse à des élèves de sixième­cinquième, de quatrième-troisième, ou de terminale », constate Claire Escaffre, directrice adjointe des Aumôneries de l’enseignement public (AEP).


La confirmation est-elle nécessaire ?

« C’est un manque important de ne pas avoir reçu tous les dons de l’Esprit »,
estime Mgr Herbreteau, qui rappelle que ce sacrement est « nécessaire pour une vie chrétienne authentique, en vrai témoin du Christ » . Par ailleurs, la confirmation est normalement obligatoire pour être parrain ou marraine de baptême et de confirmation. Le code de droit canonique demande par ailleurs que l’on n’admette pas au mariage des fiancés non confirmés : en France, où beaucoup de jeunes adultes n’ont pas reçu ce sacrement, peu de paroisses imposent cette exigence. Certains diocèses souhaitent toutefois que les laïcs qui assument une responsabilité ecclésiale soient confirmés.

Quel est l’avenir de ce sacrement ?

Selon les statistiques de l’Église catholique, le nombre de confirmés en France a diminué de 40 % >>>> en douze ans: de 85722 en 1994, il est passé à 51595 en 2006. Une chute à replacer dans un contexte général de baisse du nombre de baptêmes, d’enfants catéchisés, de mariages religieux… Si la plupart des diocèses comptent à peine quelques centaines de confirmés par an, certains proposent désormais systématiquement ce sacrement aux baptisés non confirmés qui demandent le mariage ou un baptême d’enfant. Certains également choisissent une même date chaque année (par exemple, la Pentecôte ou le dimanche des missions en octobre) pour célébrer la confirmation des adultes. Peu à peu, ce sacrement retrouve ainsi sa place et son sens.
                                                                                                                                                                         
    CLAIRE LESEGRETAIN


(1) Auteur de La Confirmation (Éd. de l’Atelier, coll. «Tout simplement», 160 p., 13,72 €).
(2) Document « Âge de la confirmation », dans La Documentation catholique n° 1907 du 1er décembre 1985.

 

> Dans l’Église primitive : pendant les premiers siècles de l’Église, on devenait chrétien après un long catéchuménat qui débouchait sur le baptême et l’eucharistie. Tertullien (fin IIe siècle), dans son De baptismo, décrit la célébration du baptême à Carthage avec deux rites baptismaux (bénédiction de l’eau, bain avec triple immersion) et deux rites post-baptismaux (onction d’huile, imposition des mains). À partir du IIIe siècle, l’initiation chrétienne se fait lors de la vigile pascale présidée par l’évêque, en trois étapes : baptême, onction d’huile et eucharistie. L’onction, faite par l’évêque, était un achèvement du rite du baptême, sans constituer un sacrement particulier.

> À partir du IV e siècle : les communautés chrétiennes commençant à s’étendre, l’évêque ne peut plus célébrer personnellement chaque baptême. Dans les campagnes, on retarde l’imposition des mains et l’onction pour attendre le passage de l’évêque, afin de marquer son rôle dans l’authentification de l’initiation chrétienne et de responsable de la communion entre les chrétiens. Selon un témoignage de 380, l’évêque impose les mains à ceux qui ont été baptisés précédemment ; mais déjà le concile d’Elvire (Espagne, v. 300) reconnaissait la nécessité d’une « perfection du baptême » par l’évêque si le baptême avait été conféré par un diacre. C’est en Gaule, au Ve siècle, qu’apparaît le terme de « confirmation » pour parler du don de l’Esprit conféré après le baptême.

> À partir du IX e siècle : en Occident, l’onction est totalement séparée du baptême à partir du IXe siècle. En revanche, en Orient, dès le V
e siècle, immédiatement après le baptême d’un enfant, le prêtre effectue la «chrismation» (onction de saint chrême sur le front, les yeux, les narines, la bouche, les oreilles, la poitrine, les mains et les pieds), en disant : « Reçois la marque du don de l’Esprit Saint » et le fait communier. Cette manière de faire, visant à garder l’unité de l’initiation chrétienne, a toujours cours dans les Églises orientales.

> À partir du XVI e siècle : dans l’organisation de la vie sacramentelle, la confirmation devient le signe d’entrée au catéchisme entre 7 et 10 ans, tandis que la première communion (qui en marque la fin) se fait entre 10 et 14 ans. En France cependant, avec l’introduction au XVIIe siècle de la communion solennelle vers 12 ans, la confirmation va perdre de l’importance. À partir du décret Quam singulari de Pie X (1910), incitant à la communion précoce des enfants, la première communion se fait dès l’âge de raison (vers 7 ans), et la confirmation ne peut être donnée qu’après.

> Depuis Vatican II : la constitution Sacrosanctum Concilium de Vatican II (1963) a proposé de réviser le rite de la confirmation, « pour manifester plus clairement le lien intime de ce sacrement avec toute l’initiation chrétienne » (n. 71). Elle rappelle qu’il est « convenable que la rénovation des promesses baptismales précède la réception du sacrement » .

         Site du journal de la Croix                                                                          la Croix du 15.03.2008